A. B. C.
OLYMPIA - 1
OLYMPIA - 2
OLYMPIA - 3
A. B. C.
ALHAMBRA - 1
ALHAMBRA - 2
ETOILE
LIENS
 
LES MUSIC - HALLS DISPARUS
La Première Guerre Mondiale dure déjà depuis près de trois ans quand, le 2 avril 1917, les Etats Unis décident d'y participer et le JAZZ, sous une forme encore primitive, arrive en France au sein des orchestres militaires de leur corps expéditionnaire.
L'intérêt de ce style musical novateur n'échappe pas aux exploitants des music-halls parisiens qui engagent des artistes pratiquant avec plus ou moins de bonheur ces rythmes syncopés.
Le triomphe de la revue Laisse-les tomber, présentée du 12 décembre 1917 au 10 mars 1918 au CASINO de PARIS, doit beaucoup à cette musique frénétique, quelque peu iconoclaste et que le public, médusé, adopte aussiôt. Dès lors, le JAZZ , que Jean COCTEAU qualifiera de  catastrophe apprivoisée, devient l'une des attractions les plus prisées, non seulement des music - halls mais aussi des dancings, boites de nuit et autres endroits où l'on s'amuse. Il commence même a pénétrer dans les salles de concerts où il sera bientôt largement programmé.
Un autre événement mémorable a lieu quelques années plus tard quand La Revue Nègre fait sensation à partir du 2 octobre 1925 et pendant dix semaines au MUSIC - HALL des CHAMPS ELYSEES (devenu l'actuel Théâtre des Champs Elysées). On y découvre (dans toutes les acceptions du terme) la chanteuse et danseuse Joséphine BAKER tandis que les interventions d'un saxophoniste soprano d'immense talent, un certain Sidney BECHET, lequel avait déjà en 1919 enthousiasmé en tant que clarinettiste le chef d'orchestre suisse Ernest ANSERMET, impressionnent le public.
Les music-halls continuent pendant les Années Folles et jusqu'au déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale à accueillir le JAZZ.
L'invasion de la capitale en juin 1940 n'affecte pas plus leur activité que celle des autres lieux de spectacles et de divertissements.
Après la Libération et jusqu'à la fin des années cinquante, les salles de music-hall ne se détournent pas des rythmes qui ont largement contribué à leur succès. Les orchestres qui s'y produisent, en dehors de ceux spécialisés dans le JAZZ et connus des amateurs, sont plutôt des formations de variétés influencées par cette musique. Mais ils incitent beaucoup de profanes à s'intéresser au jazz authentique. C'est le cas notamment de celui de Jacques HELIAN qui, comme l'a écrit Charles DELAUNAY : a fait assurément plus pour le JAZZ que bien des zélateurs en chambre.
Au début des années soixante, la tradition est bousculée par le yé yé, dérive simpliste du rock and roll apparu à la fin de la décennie précédente, et le spectacle de music - hall prend des formes nouvelles, mais c'est un autre sujet ...
Parmi les établissements mythiques qui se sont illustrés de la façon la plus significative dans le domaine du JAZZ, si l'OLYMPIA poursuit avec succès son activité, trois autres ont connu en raison notamment d'une désaffection du public le même sort malheureux : laisser la place à des lieux étrangers à toute expression artistique. Cependant leur souvenir est resté profondément gravé dans la mémoire des générations qui les ont fréquentés au temps de leur splendeur.
Il s'agit de l A.B.C., de l' ALHAMBRA et de l' ETOILE. 

A.B.C. (ex PAVILLON, ex PLAZA) 11, Boulevard Poissonnière (2ème )
Le Théâtre du rire et de la chanson ( 1.000 places )
Créé en 1930, ce lieu porte d'abord le nom de PLAZA puis de PAVILLON avant sa reprise en 1935 par Mitty Goldin qui choisit de l'appeler A.B.C. pour être en tête, par ordre alphabétique, des programmes parisiens. Longtemps music-hall, devenu cinéma en mai 1965, il cesse son activité en 1981 à la suite de graves difficultés. Après démolition, l'emplacement a totalement changé de destination.
1932 : En novembre: La trompettiste et chanteuse américaine Valaida SNOW dite VALAIDA
1934 : A partir du 15 juin: Ray VENTURA et ses Collégiens.
En septembre : Les COMEDIAN HARMONISTS. Chanteurs allemands, ils ont adopté, et se sont d'ailleurs parfaitement assimilé, la technique des troupes américaines du type REVELLERS : mêmes dissonances fondues, mêmes choeurs à plusieurs voix, mêmes effets à bouche fermée, mêmes imitations d'instruments de jazz, mêmes fantaisies agréables. Le sentiment musical de chacun est, peut-être, encore plus vif.  (Candide 20 septembre 1934)
1936 : En fin d'année : La grande vedette noire VALAIDA se produit pendant plusieurs semaines. Elle a le tempérament des grands trompettistes noirs et joue dans un style imitant Louis ARMSTRONG. Elle est accompagnée par l'orchestre de Willie LEWIS (comprenant Jack BUTLER, trompettiste qui fréquentera longtemps la brasserie La CIGALE, rendez-vous des amateurs dans les années 50 et 60)
1937 : A partir du 1er novembre: Jo BOUILLON et son orchestre.
1938 : A partir du 6 mai: L'orchestre du trompettiste Ady ROSNER, après des débuts au cabaret CHEZ FLORENCE, est au même programme que Marie Dubas, Pierre Dac et bien d'autres.
A partir du 27 mai: Les pianistes Jean WIENER et Clément DOUCET
A partir du 21 octobre: Django REINHARDT et le Quintette du Hot Club de France.
1940 : A partir du 18 octobre : Fred ADISON et son orchestre qui comprend notamment Raymond WRASKOFF au piano, Armand MOLINETTI à la batterie, René WEISS au trombone ainsi que Albert TAYALS, George HIRST et Max ROCHE aux trompettes.
1941 : A partir du 14 février: Alix COMBELLE et son Jazz.
A partir du 15 mars: Alix COMBELLE et le JAZZ de PARIS.
A partir du 31 octobre: Django REINHARDT avec le Quintette du Hot Club de France
1942 : Du 20 février au 5 mars: André EKYAN et son orchestre "swing"
1943 : A partir du 10 janvier: Noël CHIBOUST et son orchestre accompagnent Johnny HESS qui, après avoir remporté de grands succès en zone non occupée fait sa rentrée à Paris.
A partir du 24 janvier: Le grand orchestre français Jo BOUILLON
A partir du 19 février: Raymond LEGRAND et son orchestre
Du 20 au 31 août: Alix COMBELLE et son orchestre
Un des symboles les plus réussis de notre époque ; ils chantent comme des Sioux et jouent comme des agités. (Le Petit Parisien)
1944 : A partir du 29 juillet: Richard BLAREAU et son orchestre.
1948 : A partir du 28 janvier: Stéphane GRAPPELLY (il remplacera par la suite le Y par un I), Django REINHARDT et le Quintette du Hot Club de France, qui font leur rentrée pour quatre semaines après une tournée fin décembre en Belgique. Au même programme : Henri SALVADOR
1950 : A partir du 24 janvier: Henri LECA
1951 : A partir du 9 février: Claude LUTER, son orchestre et Sidney BECHET.
Malgré la présence des populaires André Claveau et Jean Nohain, c'est Sidney BECHET et l'orchestre de Claude LUTER qui se sont imposés comme les vedettes de ce spectacle. L'extraordinaire succès qu'ils connaissent à l'A.B.C. est plus qu'une consécration: il témoigne de la popularité qu'a acquis en France Sidney BECHET, en moins de trois ans, popularité confirmée par la vente de ses disques.... (Jazz Hot mars 1951)
A partir du 16 novembre: Edith Piaf et Léo FULD, chanteur yiddish souvent jazzy.
1957 : Opérette de Francis LOPEZ : Tête de Linotte à partir du 20 décembre. Eddie WARNER y joue dans la fosse et chante sur scène.
1961 : En avril: Jazz, Rock and Roll et variétés avec André REWELIOTTY, Harold NICHOLAS, la chanteuse Nancy HOLLOWAY.
A partir du 20 septembre: L' orchestre de Claude BOLLING - Sacha DISTEL.
1962 : En début d'année : Guy LAFITTE (saxophone ténor) Quartette avec Raymond FOL (piano), Gilbert " Bibi " ROVERE (contrebasse) et Franco MANZECCHI (batterie)

jazzmusic-halls
21/06/04